En ce jeudi 24 avril une
vingtaine d’ARECLISTES se retrouvent sur le parking de la base de loisirs à
Nozay. Après un café pris au soleil, non loin du plan d’eau, nous nous
dirigeons à pied vers la carrière de pierre bleue du parc. Des membres de
l’ASPHAN (Association de Sauvegarde du Patrimoine Historique et Artistique de
la région de Nozay) nous y attendent. Ils nous présentent leur association
avant de nous équiper d’audioguides et de nous inviter à déambuler dans cette ancienne
carrière de schistes. Pendant 45 minutes chacun peut à sa guise en apprendre
davantage sur l’exploitation de cette mine.
L’extraction et le travail du
schiste furent la plus grande industrie de Nozay, la plus ancienne aussi. Dès
le IIe siècle, les exploitations de schiste sont déjà
connues.
En 1940, l’extraction à la carrière du Parc s’arrête.
Progressivement l’excavation va se remplir d’eau d’infiltration. Elle va servir
de piscine aux Nozéens (il y avait environ 4 mètres au plus profond) et aux
réfugiés de la Seconde Guerre Mondiale. L’abandon du site, le silence et la
présence très discrète de l’homme ont permis à la nature de reprendre ses
droits.
La pierre bleue a servi, et sert encore, pour des usages variés :
matériau de construction, objets du quotidien et agricoles. Les palis (du mot :
pieu) constitués de pierres de schiste dressées et faisant office de clôture
sont une des spécificités de la région. On peut également découvrir d’autres
formes d’utilisation du schiste en tant que poteaux pour les vignes et de
piquets pour les parcs ostréicoles.
Nous nous rendons ensuite en voiture
jusqu’au vieux bourg de Nozay où un autre membre de l’ASPHAN nous attend pour
nous faire visiter l’église.
Il nous fait d’abord traverser le cimetière pour
admirer des tombes en schiste. Au centre, une croix très imposante (plus de six
mètres de haut) est la croix du tombeau des prêtres de Nozay décédés entre 1846
et 1930. Quatre prêtres y sont enterrés.
Nous entrons dans l’église saint
Pierre aux liens. Le premier texte faisant mention de ce bâtiment date de 1149.
Une modeste chapelle est édifiée à l’époque romane, au milieu des vestiges d’un
cimetière mérovingien. L’église étant devenue trop petite, une nouvelle église
est construite au 19ème siècle dans le bourg économique, plus à l’est.
L’ancienne église désacralisée est vendue en tranches. L’église sera peu à peu
rachetée par l’ASPHAN et sauvée de la ruine puis classée monument historique en
1989. Nous y voyons des morceaux de fresques en particulier le martyre de saint
Etienne.
Il est temps de rejoindre l’ESAT de Vay pour nous restaurer. Ce
moment convivial est apprécié après une matinée où la station debout a mis à
l’épreuve nos os de retraités. Après le repas ceux qui le désirent
s’approvisionnent en pots de confitures vendus par l’ESAT.
Nous nous
rendons ensuite en voiture jusqu’au bourg de Vay pour une visite guidée de la
chapelle saint Germain.
La chapelle Saint-Germain fondée à la fin du XIIe siècle
est demeurée longtemps une des possessions, hors diocèse, de l’Abbaye de
Saint-Germain d’Auxerre.
Deux ou trois moines bénédictins établissent alors
leur lieu de prière près de la Fontaine-qui-bout.
L’eau de cette fameuse source demeurante réputée pour guérir les maux de ventre
des enfants et certaines maladies de peau. Les religieux ont également mission
de défricher et de cultiver de nouvelles parcelles. Ils sont aidés dans cette
tâche par quelques familles constituant bientôt le premier village.
La
chapelle accueille de superbes fresques réalisées par le Centre de la Fresque
de Blain, représentant notamment des épisodes de la vie de St Germain
d’Auxerre.
À une centaine de mètres de la chapelle une bénévole nous montre
le théâtre de verdure qui fédère des habitants de la commune pour jouer des
spectacles comme Michel Strogoff ou les misérables.
L’heure est venue de nous
séparer après un petit goûter devant la chapelle.PPPUne journée bien agréable
avec un temps printanier parmi les fleurs du moment : glycines, iris,
rhododendrons, genêts ...
Bernard Albert